14.05.2008
Marseille, les dernieres news
Le Monde du 16/5/2008
http://www.lemonde.fr/voyages/article/2008/05/16/sur-la-c...

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De l'Estaque, par un tunnel obscur, on part vers la Côte bleue, la côte populaire qui commence au Rove, village-rue cerné de caillasses. André Gouiran y élève des chèvres aux cornes en forme de lyre, les roves, dont il ne reste que quelques troupeaux dans le monde. Ce berger monte chaque jour sur les collines râpées et écrasées de soleil où ses bêtes, venues tout droit de la Grèce antique, paissent quelques herbes sèches. Il leur porte à boire en tirant de l'eau fraîche d'un puits : en récompense, elles lui donnent du lait, qu'il fait bouillir pour produire la brousse du Rove, dont la recette est répertoriée depuis au moins six siècles.
Du haut de ces collines, on domine l'immense baie de Marseille barrée par un chapelet d'îles qui évoquent irrésistiblement la baie de Foça, aujourd'hui en Turquie, et d'où, il y a vingt-six siècles, partirent les Phocéens pour fonder la plus vieille cité de France. A quelques échancrures dans les roches blanches, on devine des calanques qu'on atteint par des routes en montagnes russes. Blaise Cendrars vint se réfugier au-dessus de celle d'Ensuès-la-Redonne.
Aujourd'hui, ce sont les marcheurs du dimanche qui envahissent les lieux : sac au dos, ils gagnent les criques désertes, avant de revenir sur les petits ports enclavés de Méjean ou de Niolon pour attendre la fraîche et leur pizza.
ROYAUME DES CAMPINGS
Ce monde de cabanons, de villas perchées, d'agaves et de parties de boules, qu'une voie ferrée roulant sur des viaducs précédant des tunnels isole du monde, évoque les congés payés des ouvriers des quartiers Nord, les pique-niques improvisés et les soupes de poisson des grands-mères. Il est devenu celui des plaisanciers, des pêcheurs, des plongeurs, mais il garde cette esthétique de cabanons qui a fait la réputation locale, bonne et mauvaise.
Les plages qui prolongent à l'ouest ces calanques sans prestige restent populaires : royaume des campings où les caravanes installées à l'année sont tanquées dans le sol et entourées de barrières fantaisie : on va faire les courses à Carry-le-Rouet ou Sausset-les-Pins, devenus de véritables stations balnéaires.
Tout au bout de la route en cul-de-sac, Carro, quartier de Martigues, est resté un village de pêcheurs : au bout du quai, le matin, les femmes attendent le retour de L'Espaï, de L'Aventure ou de La Galère pour vendre la pêche du jour de leur homme. Sars, daurades, maquereaux, merlans, duntis, pageots, poissons de roche sont présentés sur les petits étals que le vent secoue. C'est là qu'il faut acheter : "Pas d'élevage sur ce port que des poissons sauvages", précise un anonyme au marqueur.
Mais la cité la moins connue et la plus déroutante de cette côte ouest, Port-Saint-Louis-du-Rhône, se découvre après la traversée des grands espaces industriels de Fos. Dans ce plat pays de western, les montagnes sont remplacées par les sombres hauts-fourneaux qui jettent leur vapeur blanche dans le ciel, par les immenses réservoirs métalliques de pétrole, par les bâtisses oblongues de la métallurgie.
Ce paysage strié de voies ferrées, de lignes à haute tension, de cheminées roides, est bordé, au sud, par les portiques portuaires aux cous de girafe et, au nord, par les vingt-quatre éoliennes quibordent le canal du Rhône à Port-de-Bouc.
Les larges routes rectilignes longent des marais desséchés, franchissent des canaux et, se rapprochant de la mer, frôlent le bassin de Graveleau protégé par des murs immenses de conteneurs multicolores : c'est le coeur battant du port de Marseille puisque c'est dans cette immensité balisée que sont débarqués et embarqués 950 000 conteneurs par an.
Port-Saint-Louis est bien là, village sinistré par la fin des trafics de bois et céréalier, et qui renaît lentement. L'âme de ce village se lit autant dans la petite bâtisse qui abrite le redoutable syndicat CGT des dockers, que dans les cabanes de marais qui jouxtent les routes des plages.
La plus proche des usines, Gloria plage, fait face aux vraquiers qui apportent le minerai à l'aciérie, aux porte-conteneurs qui quittent lentement leur havre. Les familles ont ici leurs habitudes, comme Marie-Louise, venue de Cavaillon, qui siffle son vieux chien sourd entre ses doigts et vient pêcher le congre avec son mari.
Au sud de la ville, la route file vers la plage Napoléon à travers marais, étangs et sansouires, ces terrains qui se couvrent d'efflorescences salées quand l'eau se retire. Sur des îlots de sable, quelques fragiles cabanes de bric et de broc forment un hameau devant lequel des barques somnolent.
Le décor de ce bout du monde est l'immensité industrielle et portuaire, étrangement silencieuse. La silhouette embrumée de la Sainte-Victoire, autre héroïne de Cézanne, se distingue au loin. Sur leurs pattes aux lignes brisées, des bandes de flamants roses, bec et yeux ennoyés, fouaillent inlassablement les basses eaux avant de s'égayer, brusquement, dans le ciel.
Sur la plage Napoléon, dix kilomètres de sable bordés de dunes face à une mer adoucie par les eaux du Rhône, un original assis sur une planche à roulettes bricolée se fait haler par ses deux chiens qui tirent la langue dans le mistral.
Carnet de route
Accès. Jusqu'à Marseille, par le TGV (voyages-sncf.com). Par la route : Port-Saint-Louis-du-Rhône dispose d'une grande aire municipale gratuite pour les camping-cars (quai Bonnardel).
Etape. Hôtel Le Tamaris face au Rhône, sur la route de la plage Napoléon. Tél. : 04-42-86-10-49.
Tables. A l'Estaque, trois chalets bleus sur le port vendent chichis-frégis et panisses. Le restaurant branché du lieu, Camors, sert de bons poissons (un peu chers), tél. : 04-91-46-58-21. L'Hippocampe, à la sortie du village et au fond d'un bassin du port désaffecté, offre un meilleur décor,mais on y mange moins bien, tél. : 04-91-03-83-78.
A Rove, Les Brousses, d'André Gouiran, est ouvert tous les jours : 17, avenue Isnardon, tél. : 04-91-09-92-33.
A Port-Saint-Louis-du-Rhône, le Passeport propose des spécialités de crustacés et mollusques à la plancha avec vue perchée sur le Rhône, tél. : 04-42-86-24-42. A Quai Ouest, pour une bonne pizza, tél. : 04-42-86-22-81.
Marchés. A Port-Saint-Louis-du-Rhône, mercredi et samedi matin. Spécialités de moules de carteau, élevées dans les eaux du golfe. A Carro, le marché aux poissons commence à 9 heures sur le quai.
Char à voile. Les plages et le vent de Port-Saint-Louis font du site un haut lieu pour cerfs-volants, funboard et chars à voile.
Spectacles. Basée au Citron jaune, la compagnie de spectacles de rue Ilotopie donne le programme au 04-42-48-40-04.
Lectures. Une Chronique de l'Estaque, de Dominique Pons (Ramsay, 2007, 275 p., 18 euros), les mésaventures hilarantes d'un acheteur de barque.
Le Rove, ses chèvres et ses collines, d'André Gouiran (éd. Tacussel, 193 p., 22 euros, 1999). Histoires de voir, histoires de vieux à Port-Saint-Louis-du-Rhône, 2001, 2004, de Bernard Lesaing (Carnets Images et Paroles de Transverscité, Aix, 2005).
Informations. Office du tourisme, tél. : 04-42-86-01-21 ou ot.portstlouis@visitprovence.com
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La Provence du 13/5/2008
http://www.laprovence.com/articles/2008/05/13/442136-MARS...
Les grands chantiers qui vont métamorphoser la ville
Publié le mardi 13 mai 2008 à 05H18
200 grues tournent au-dessus de nos têtes. Tour d'horizon des réalisations qui vont changer le quotidien des Marseillais
CMA CGM : une tour de 168 000 tonnes.
© Thierry Garro
En rachetant en mars le suédois "Vin § Spirit", propriétaire de la célèbre vodka Absolut, Ricard est devenu le numéro 2 des spiritueux.
© Jérôme Liégeois
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http://www.laprovence.com/articles/2008/05/12/441375-UNKN...
Racines locales, ambitions mondiales. La formule, affichée en ouverture du site web du groupe Pernod-Ricard, condense en elle 33 années d'un parcours frappé d'un haut degré de réussite. Entamé en 1975 avec le rapprochement des maisons Pernod et Ricard, il vient d'aboutir à la naissance du nº2 mondial des vins et spiritueux, avec le rachat de la maison suédoise "Vin & Sprit" et sa célèbre vodka, "Absolut".
Du pastis de Marseille au transparent alcool suédois qui "ne louche" jamais (ndrl, ne se trouble jamais) , en passant par les whiskies, le rhum, le gin, les vins ou le champagne, "mon seul regret est que le succès de Pernod-Ricard n'ait pas été celui de l'anis", avoue Patrick Ricard. Puis de poursuivre : "Mais la position acquise par le groupe correspond au rêve que j'avais au fond de moi. Nous avons eu de la chance, l'objectif est maintenant de conquérir la première place. Mon successeur le sait".
À l'automne, le fils de Paul, fondateur de l'entreprise familiale Ricard en 1932, assurera en effet la présidence du conseil d'administration. "Pierre Pringuet, directeur général, prendra les commandes. Moi, je regarderai la stratégie et prendrai enfin quatre jours quand j'en aurais envie", poursuit Patrick Ricard.
Lassitude ? L'homme, discret, préférerait plutôt qu'on parle de pragmatisme. Celui dont il fait toujours preuve devant ses pairs et ses collaborateurs. "Le groupe a plusieurs cultures. Cela a commencé par le rapprochement de Pernod et de Ricard et a continué à l'étranger", expliquait-il, lors d'une réunion de la filière agroalimentaire de la région (Friaa).
"À l'époque, nous étions petits. Mais alors que les gros travaillent sur des panels qui sont faux, le petit qui manque de moyens n'a d'autre choix que de bosser et de trouver". Lorsqu'il accède à la présidence en 1978, Patrick Ricard va donc pousser les feux. En diversifiant l'entreprise autour de son holding familial. "Le coup d'envoi fut le rachat de l'américain Austin Nichols. Une bonne pub".
Mais c'est aux filiales que sera confiée la gestion des marques acquises. "Une question de respect. Moi, je porte le nom, je suis l'étendard. Les gens aiment travailler pour quelqu'un. Après, tout est simple. Nous avons des séminaires, on s'aborde, on se parle. Mais chacun reste à sa place".
Sa place, Patrick Ricard la voit dans une grande famille. La sienne et celle des 17800 collaborateurs qui travaillent dans 70 pays. La première gère avec respect, souplesse et discrétion. La seconde cultive l'efficacité. "En France beaucoup de gens ne veulent pas entreprendre. Chez Ricard, on fabrique des entrepreneurs. C'est pour cela que ça marque", assène-t-il.
L'avenir ? "Passer les rênes à Pierre Pringuet ne m'empêchera pas d'avoir un regard actif", répond Patrick Ricard. Qui sans doute, ne prend du recul que pour mieux porter l'étendard familial. Jusqu'à ce qu'il parvienne entre les mains de son fils, Paul-Charles ?
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http://journal-lamarseillaise.com/index.php?option=com_co...
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La plage des Catalans, véritable écrin de paradis au cœur de Marseille, ouverte au public gratuitement suscite toujours autant de passions. Mieux, sa fréquentation est élargie aux mois de mai et de septembre qui ouvrent et ponctuent la saison d’été. Pour Roseline Modica, professeur à la retraite, qui milite pour le libre accès à la plage, « Cet endroit est un lieu indispensable pour nager, non seulement pour le plaisir, mais aussi pour des raisons médicales ». Opérée aux hanches, cette ouverture avancée est une bénédiction pour elle, puisque les mouvements pratiqués dans une eau salée ont des effets bénéfiques sur la circulation sanguine et la tonicité des membres. Sous une bruine persistante, une autre habituée des lieux contemple les quelques volleyeurs du club des Catalans qui s’ adonnent à leur sport favori. En effet, Geneviève qui est née dans le quartier, mesure les avantages et les inconvénients de ce changement de statut de site autrefois géré par une société privée. « Certains ont peur de la gratuité, à cause des jeunes qui ne respectent rien, mais il faut reconnaître que les anciens propriétaires ne s’occupaient pas de l’entretien de la plage ». Cette inquiétude d’une jeunesse turbulente, voir agressive, les deux jeunes agents de la sécurité, Jonathan et Bernard, la dénoncent. Ils parlent de véritables bandes qui prennent toute la plage ou se défient de loin sous le regard des filles. « Bref, ils foutent le bordel, et familles et enfants préfèrent se mettre en retrait prés des arcades ». Une agitation qui est encore plus perceptible en soirée ou en fin de nuit lors des sorties des bars et discothèques. Pourtant, personne ne se plaint de cette extension d’ouverture, surtout les commerçants en haut de l’avenue. La turbulence des ados, cela ne fait pas peur aux nouveaux tenanciers du Tabac Presse des Catalans. Pour Christian, qui a repris le commerce en octobre, « La question se gère en s’adressant aux pouvoirs publics »… « De toutes façons », explique Thomas Mourrat qui habite aux Arnavaux et ouvre prochainement la Trinquette, un bar à vins : « C’est pour cela que j’ai choisi ce quartier qui sauvegarde une certaine mixité entre classes populaires et aisées. Vivre chacun pour soi et entre soi, ce n’est pas l’idée que je me fais de Marseille ». Cependant, l’accès à la mer a toujours un prix, puisque le promontoire en dur à l’extrémité de la plage « se paye 10 euros », dénonce un client du Glacier. Une accession à « plusieurs vitesses » qui rappelle le temps des « grands Catalans » réservé aux riches de jadis, raconte Denise Alata, octogénaire, qui s’opposait aux « petits Catalans » réservés aux pauvres. L’histoire se répétera-t-elle ? |


La plage des Catalans, véritable écrin de paradis au cœur de Marseille, ouverte au public gratuitement suscite toujours autant de passions. Mieux, sa fréquentation est élargie aux mois de mai et de septembre qui ouvrent et ponctuent la saison d’été. 



Quelques Photos de notre Soirée Champêtre à la Campagne Pastré du 11 Juillet 2007


















